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À la tribune du Parlement

Étudiants en médecine / Bourses d’études / Institut de développement des formations sur l’Islam

Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ce 14 décembre 2016, Jean-Claude Marcourt répondait aux interrogations qui lui étaient adressées concernant, notamment, la sélection des candidats étudiants en médecine ou encore les conditions d’octroi des bourses d’étude. Le décret sur l’Institut de développement des formations sur l’Islam était quant à lui définitivement approuvé.

Étudiants en médecine

J’ai répondu à une question de P. Henry, basée sur une étude récente, concernant le risque que pourrait engendrer une sélection des candidats étudiants en médecine.

Quelle est la pertinence de procéder à une sélection pour nos futurs médecins ? L’étude de M. Henry (dont les fondements scientifiques restent à démontrer) corrobore le fait qu’il n’existe pas d’adéquation entre la réussite de l’examen d’entrée et la qualité du futur médecin. Le fait est connu. C’est la raison pour laquelle nous avions organisé le concours à la fin de la première année du baccalauréat, car même si cette solution n’était pas satisfaisante, elle proposait un compromis entre les deux régimes.

Madame M. Moureaux m’ a quant à elle interrogé sur l’instauration d’un examen d’entrée en médecine tandis qu’une pénurie de médecins est avérée et que l’on importe des médecins étrangers pour y faire face.

Nous nous retrouvons dans une situation où on nous reproche d’avoir été laxistes alors que de son côté, l’État fédéral a autorisé en cinq ans la venue de mille six cents médecins sur notre territoire, tout en ne validant qu’un excédent de mille trois cents numéros INAMI. Dans le passé, l’État fédéral a donc accepté plus de médecins que nécessaire et nous reproche d’être en excédent. Or malgré l’arrivée de ces mille six cents médecins étrangers, nous sommes en pénurie. De surcroît, le gouvernement fédéral m’impose l’organisation d’un examen d’entrée, qui en réalité s’apparente à un concours puisqu’il porte sur un nombre fixe d’admissions avec un lissage négatif. Nous en arrivons donc à cette situation où, soit nous n’organisons pas d’examen d’entrée avec pour conséquence que les étudiants qui font leurs études actuellement n’auront pas leur attestation INAMI, soit nous organisons l’examen et contribuons à l’augmentation de la pénurie. Face à ce choix cornélien, nous avons toujours souhaité protéger tous les étudiants en cours de cursus et cela reste la position du gouvernement aujourd’hui.

 

Allocation de bourses d’étude

Monsieur S. Kilic s’intéressait quant à lui aux raisons du refus d’octroi de bourses d’étude aux revenus les plus bas.

En ce qui concerne l’insuffisance de revenus, les choses se résument assez simplement : peut-on vivre avec 300 euros par mois, qui plus est accompagné d’un enfant ? Car la réalité est bien celle-là : le plancher minimum a été fixé à 3 600 euros par an, soit 300 euros par mois.

Les bourses ont pour vocation d’aider ceux qui en ont réellement besoin et non de faciliter la fraude. Nous avons donc fixé un indice. Est-il perfectible ? Sûrement ! D’ailleurs, d’autres remarques émises par l’Union des étudiants de la Communauté française (Unecof) sont pertinentes. Cela dit, la commission de recours analyse dossier par dossier, afin de vérifier la véracité des difficultés invoquées. C’est à cette étape aussi qu’il apparaît qu’un certain nombre de bénéficiaires de bourse ne sollicitent pas l’aide du CPAS, notamment, alors qu’elle est possible. C’est aussi lors de cette analyse que nous découvrons parfois des étudiants qui vivent seuls et qui sont particulièrement démunis, ce qui permet de les accompagner.

Une pétition par l’UNECOF a été lancée pour réclamer une modification de la reforme des bourses d’étude, notamment sur le fait que l’ensemble des revenus du ménage sont pris en compte pour l’octroi d’une bourse, et non plus le seul avertissement d’extrait de rôle de la personne dont l’étudiant est à charge. Monsieur le Député B. Drèze me demandait une réaction sur ce point.

Certes, l’effet de seuil génère parfois de réelles difficultés et nous devons le prendre en compte. Tout ce qui ira dans le sens que je souhaite, c’est-à-dire une plus grande disponibilité en termes de bourses, aura un effet budgétaire important, mais le but est bien d’aider ceux qui en ont besoin. Les chambres de recours ont une analyse tout à fait particulière. Ainsi, nous connaissons le cas d’une mère qui vit dans des conditions extrêmement difficiles avec sept enfants. Elle gagne moins de la moitié de ce que nous considérons comme le minimum vital. Cette femme et ces enfants vivent dans ces conditions et il est clair que les enfants auront leurs bourses, malgré l’effet de la réglementation. Le minimum que nous nous sommes fixé doit être vu comme un clignotant qui nous permet de distinguer ce qui relève soit de la fraude soit de l’hyper-pauvreté. Et cette hyper-pauvreté nécessite qu’on l’aborde au moyen de plusieurs mécanismes, dont les bourses, mais nécessite surtout un accompagnement, notamment pour permettre aux enfants de réussir leurs études.

 

Institut de développement des formations sur l’Islam

Le décret était voté à l’unanimité moins une abstention. Un outil extrêmement fort a été mis en place : il s’agit de l’Institut de promotion des formations sur l’Islam, destiné à permettre le développement d’un Islam belge ou de Belgique. Les deux expressions ont chacune leurs préférences, et c’est selon.

Au travers de cet institut, nous souhaitons aussi tendre la main à cette communauté et lui dire qu’elle jouit des mêmes droits et obligations que toutes les communautés présentes sur notre territoire. L’idée est en outre d’accompagner cette communauté sur le chemin de l’émancipation.

Nous avons constaté dans les échanges qu’il y avait une forme de rupture entre les plus jeunes et les plus anciens. Cette rupture est tout à fait normale, car, dans toutes nos sociétés, les plus jeunes bousculent.

La Fédération Wallonie-Bruxelles peut s’enorgueillir d’un texte qui permet l’installation de moyens qui renforceront l’intégration de la communauté musulmane dans le socle belge et dans le respect des valeurs fondamentales que nous défendons, à savoir les droits de l’homme, l’égalité entre les hommes et les femmes, et le respect des textes fondamentaux de notre société.

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